OUVERTURE EN ALTERNANCE EN SEPTEMBRE 2021 DU MASTER PSYCHOLOGIE CLINIQUE INTÉGRATIVE ET VIEILLISSEMENT

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Publié le 5 mai 2021 Mis à jour le 8 mai 2021
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le 5 mai 2021

Interview des responsables de la formation : Xavier CORVELEYN et Prof. André QUADERI L’EUR HEALTHY, Écosystème des sciences de la santé, composante de l’Université Côte d’Azur, annonce l’ouverture en septembre 2021 du Master en psychologie clinique intégrative et vieillissement (PCIV) à l’apprentissage. Une opportunité unique sur notre territoire mais aussi en France, à la fois pour les étudiants et pour les structures qui les recrutent.

L’EUR HEALTHY, Écosystème des sciences de la santé, composante de l’Université Côte d’Azur, annonce l’ouverture en septembre 2021 du Master en psychologie clinique intégrative et vieillissement (PCIV) à l’apprentissage. Une opportunité unique sur notreterritoire mais aussi en France, à la fois pour les étudiants et pour les structures qui les recrutent. Les responsables de la formation Xavier Corveleyn et Prof. André Quadéri expliquent cette évolution dans l’offre de formation et les bénéfices du statutd’apprenti pour les futurs psychologues diplômés.


EUR HEALTHY - Depuis quand ce master existe-t-il et pourquoi aujourd’hui l’ouvrir à l’alternance ?


Xavier Corveleyn : Le master existait sous une autre forme (Psychologie Clinique et Gérontologique) lorsque le Pr. Quaderi a pris la responsabilité en 2014 et m’a confié la co-responsabilité en 2015. Dès lors, nous avons eu la volonté commune d’initier une démarche de qualité, tourné vers les étudiants et la société. Nous avons œuvré à la restructuration et à la coordination de l’équipe pédagogique afin d’appuyer la formation sur les dernières découvertes scientifiques et sur les évolutions de nos sociétés. C’est dans ce contexte que nous avons souhaité changer le nom du master en Psychologie Clinique Intégrative et Vieillissement. Nous avons mis en place l’évaluation de l’ensemble des enseignements afin d’avoir un retour direct des étudiants lors des comitéspédagogiques.

Nous avons pris à bras le corps la question de l’insertion professionnelle. Pour se faire, nous avons initié la création d’un réseau d’acteurs socio-économiques. Nous avons alors pu monter des partenariats pour que nos étudiants puissent être financés pendant leur stage de professionnalisation (chose rare en psychologie clinique). Cela nous a également mené à signer notre premier contrat de professionnalisation en 2020, chose tout aussi rare. Dès lors, l’opportunité d’ouvrir la formation à l’alternance s’est fait en parfaitecontinuité du travail mené depuis plus de 5 ans maintenant.

Prof. André Quadéri : Nous avons la préoccupation constante d’apporter des connaissances scientifiques intégrées étroitement à des réalités cliniques plurielles. Le projet est donc une interaction constante entre le savoir et la pratique (la connaissance). Fort d’une expérience de plusieurs dizaines d’années en gérontologie, j’ai eu à cœur d’apporter des compétences pratiques éclairées.
 


EUR HEALTHY – Quels sont les métiers visés par ce master et le profil des structures qui pourront accueillir vos étudiants ?


XC : Le master délivre les titres de Psychologue et de Psychothérapeute qui sont protégés par la loi. Dès lors, la plupart de nos étudiants exercent ces métiers dans différentes structures accompagnant des personnes âgées (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, services hospitaliers, société d’aide à domicile, accueil de jour, Pôle d’Activité et de Soins Adaptés…). Cependant, l’aspect psychologie intégrative du master permet à certains étudiants d’exercer ces métiers dans des structures accompagnant d’autres populations (enfants, étudiants, migrants…). Certains ouvrent également un cabinet en tant que Psychologue libéral et/ou en tant que Psychothérapeute. Mais le master permet également à beaucoup de nos étudiants de travailler en tant que formateur. En effet, le vieillissement de la population entraine l’émergence de nouveaux besoins et de nouveaux métiers. Les acteurs de ces métiers se doivent de comprendre les aspects psychologiques en jeu dans le processus du vieillissement. Enfin, d’autres font des compléments de formation afin d’évoluer dans leur carrière en devenant par exemple directeur de structure (EHPADpar exemple).

AQ : Le vieillissement est une formidable école de la psychologie clinique. Nous traitons le vieillissement somatique et cognitif, avec des pathologies psychiatriques, neurologiques dans un contexte parfois de fin de vie. Nous avons donc une perspective large etintégrative dans le champ de la psychologie clinique.

 

EUR HEALTHY – En quoi ces contrats d’apprentissage sont-ils novateurs dans ce secteur pour le bassin de l’emploi ?


XC : Un premier élément de réponse est, qu’à notre connaissance, aucun master en psychologie clinique n’est aujourd’hui ouvert en alternance en France. Il s’agira donc d’une première française. Un second élément de réponse est la défense des étudiants et de leur condition de stage en entreprise. Comme déjà évoqué, la plupart des stages en psychologie clinique ne sont pas rémunérés. Cela nous posait un problème éthique important et nous travaillions à cette question depuis notre prise de fonction. Mais l’élément le plus important est la qualité du suivi psychologique qui pourra s’instaurer entre l’apprenti-psychologue et les patients, leur famille et le personnel soignant de la structure d’accueil.

En effet, l’alternance permet de stabiliser au long court (2 ans de master) la présence de l’étudiants au sein de la structure. Ce temps long permet de favoriser la création de ce que nous appelons l’alliance thérapeutique. Cette dernière est un élément central de l’accompagnement psychologique. En effet, nos métiers consistent bien souvent à aborder avec nos patients des thématiques sensibles telles que des traumatismes ou des idées suicidaires. En parler nécessite qu’une confiance soit établie avec le psychologue. Cette confiance, qui peut s’apparenter à l’alliance thérapeutique, est favorisé avec le temps (nombre et durée des entretiens). Une fois établi, il est possible de travailler plus en profondeur avec le patient, de lui proposer plusieurs types d’exercices, d’aborder des thèmes de plus en plus sensibles… L’alternance permettra à nos étudiants d’être en parfaite adéquation avec les conditions du travail d’un psychologue, améliorant ainsi la qualité de sa formation et le développement de ses compétences.

AQ : C’est la conséquence concrète d’une articulation fine entre le savoir et la pratique dans l’enseignement qui doit s’intégrer dans une pratique de stage longue, constante et élaborée.

 

EUR HEALTHY- Que diriez-vous aux futurs candidats à cette formation pour les encourager à se lancer ?


XC : La psychologie est un champ presque infini de possibilités. J’ai d’ailleurs pour habitude de dire que là où il y a de la vie, il y a de la psychologie… Chacun devrait donc pouvoir y trouver son compte. Le métier de psychologue est aussi un beau métier à exercer au quotidien, humain, plein de sens et de valeur, avec des rencontres et des situations fortes. Il s’agit d’un rare métier lié à la santé où nous avons encore le privilège d’avoir le temps de réfléchir, de prendre de la hauteur sur les situations rencontrées. Enfin, l’image du jeune psychologue qui ne trouve pas de poste est loin de la réalité de notre master qui affiche un taux d’insertion professionnelle de 95% en moyenne sur les 3 dernières années. La sélection à l’entrée en master est forte (environ 300 candidats pour une quinzaine de places) mais le jeu en vaut la chandelle !

AQ : C’est un métier passionnant dans lequel j’ai exercé la plupart des aspects (hôpital, psychiatrie, fin de vie, EHPAD…). Le travail est riche, complexe, polyvalent et extrêmement passionnant mais parfois aussi éprouvant. Foncez !



EUR HEALTHY – Quel est le processus de recrutement et à qui peuvent-ils s’adresser ?


XC : les candidats déposent leur dossier sur le site Ecandidat En règle générale la plateforme ouvre début mai et ferme début juin. Un jury analyse les dossiers (notes, heures de stage et expérience professionnelle en particulier auprès de personnes âgées, lettre de motivation…) puis détermine une liste de candidats à auditionner. Les étudiants sont alors soit sur la liste principale (ils peuvent alors intégrer le master), soit sur une liste complémentaire, soit ils sont, malheureusement pour eux, refusés. Toutes les informations sont disponibles sur le site internet du master où les candidats pourront trouver un courriel de contact.

Enfin, les candidats peuvent également contacter l’association des étudiants et anciens du master : Association PsyCIV. Un dernier point important à prendre en compte : le titre de Psychologue étant protégé par la loi, les candidats qui souhaitent l’obtenir doivent valider une licence de psychologie au préalable.

AQ : Chaque année nous devons choisir entre de nombreuses candidatures toutes plus intéressantes les unes que les autres. C’est paradoxalement le moment le plus difficile dans la gestion et l’animation d’un master. Nous tentons de cerner les profils d’étudiants sérieux mais aussi originaux. Nous tenons compte des parcours atypiques mais la marge de manœuvre est quand même étroite… Une bonne moyenne générale, une pratique de stage, un engagement humaniste sont des points sur lesquels nous sommes très vigilants.




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